Archives pour la catégorie 2025/2026

Meilleurs voeux pour 2026!

Bonjour à tous et tous, meilleurs voeux pour cette nouvelle année qui commence. Que vous souhaiter? Paix, santé, succès dans tous les domaines… Et au monde? La même chose, mais c’est sans doute trop demander. Comme le chat de Geluck, j’aurais tendance à faire dans la sobriété, cette année. Soyons irréalistes, demandons le possible, pour retourner comme un gant un slogan entendu en 68 (pas par moi, qui naissait à peine).

Ce qui rend modeste, à la longue, voire désabusé, est le constat que l’avalanche des voeux que nous recevons et envoyons en chaque début d’année ne semble pas améliorer substantiellement la situation des mois qui suivent. Ni ne l’aggrave, me direz-vous. A moins que l’on puisse soutenir que ladite situation serait pire si nous ne formulions aucun voeu? Il faudrait essayer, une fois, pour voir. Abstinence totale des voeux de nouvel an. On serait peut-être surpris du résultat.

En attendant, je souhaite à mes étudiants et étudiantes une pleine réussite dans leurs études. Je sais que, pour beaucoup d’entre eux, elles s’effectuent dans des conditions matérielles difficiles. La précarité étudiante, dont on parle beaucoup en ce moment, n’est pas un fantasme. Et pourtant nous sommes dans un pays qui pratique encore une réelle modération dans les droits d’inscription. Mais cela ne suffit pas, il faut bien se nourrir, payer son loyer, acheter quelques livres, son ordi, ses abonnements, etc. Moi qui ai eu la chance d’avoir été financièrement soutenu par mes parents lors de mes études, je tire mon chapeau à celles et ceux qui décrochent leur diplôme tout en ayant dû travailler à côté pour vivre.

Il me tarde de les retrouver après presque un mois de congés, qui ne sont pas tout à fait finis – la rentrée à la Sorbonne-Nouvelle est fixée au 19 janvier. J’aurai moins de cours au second semestre qu’au premier et c’est tant mieux car j’ai couru après la montre sans m’arrêter pendant trois mois. J’espère avoir dans les mois prochains le temps de me remettre à mes projets de recherche et d’écriture, en particulier la réédition de la biographie que j’avais consacrée à Jack Lang et la relance du projet de recherche sur les ONG internationales qui défendent la liberté d’expression dans le monde.

Je porterai aussi deux projets collectifs qui me semblent importants. Le premier (par ordre chronologique) est l’organisation du congrès commun ADHC / ISCH en septembre prochain. Ces deux sociétés savantes qui rassemblent, en France et dans le monde, les historiens et historiennes qui travaillent sur la culture, ont décidé d’unir leurs forces pour ce congrès qui aura lieu du 10 au 12 septembre sur le campus Condorcet à Aubervilliers. J’avais déjà, je crois, donné l’appel à propositions. Je le redonne ici, puisque la date limite pour envoyer une proposition a été décalée au 31 janvier.

Call for papers
International Congress Association for the Development of Cultural History / International Society for Cultural History

Paris, September 10-12, 2026

In 2026, the ADHC and ISCH associations will hold their annual congress together in Paris/Aubervilliers. The theme chosen for this meeting is: Identities, Circulations, Migrations – a Cultural History.

Based on the observation that all societies have been shaped by the movement of human beings, ideas and beliefs, goods and capital, the organizers wish to build an international scientific meeting around this central theme. More specifically, they wish to examine the relationship between these movements (particularly those of all individuals who physically cross state borders) and identities, at all levels that deserve to be considered: identities of the people who move as well as those of the host and home countries, local, national, international and transnational, and even civilizational identities. We welcome proposals about all historical periods, in comparative approaches across regions and times,as well as about the contemporary period (19th-21st centuries). In addition, we welcome methodological and epistemological proposals.

A large number of books on the theme of identity, whether or not the expression appears in their title, have appeared in recent years. Polemic essays, scientific studies, novels, plays, films, and more recently web-related productions, have seized upon a polysemic and polemic notion for which there are several possible definitions. If we define identity as a system of representations of the self and others through which a certain form of recognition by the group and permanence over time is constructed, this editorial effervescence could well be evidence of a crisis, or at the very least of a questioning of the traditional methods of identification and the institutions that support them. This crisis affects the entire Western world and is detectable globally. It can take on different forms depending on the country and culture, which do not all give the same meaning to the concept of identity. Salman Rushdie pointed out that in India, “identity” tends to mean religious identity, “at the heart of the Hindu nationalist attempt to reinvent the idea of India in purely Hindu terms, excluding members of all other religions”. In the United States, it is questions of racial and sexual identity that dominate the debate. In Europe, there is more concern about defending national identities, supposedly threatened by uncontrolled immigration or by Brussels bureaucracy. These concerns are exploited by hate mongers of all stripes who manipulate fantasies or nostalgia for a closed, pure, fixed identity. That is why a scientific and historical, international and transnational reflection on questions of identity and their links with movements and mobilities of all kinds seems expedient and even urgent.

In order to address the various ways of gathering around characteristics perceived as common in certain cultures, groups, and periods, the historical approach will favor arguments attached to the construction, development, or even the end of systems of identity representation. Beyond the analysis of discourses and struggles of representation, attention may be focused on the different practical modalities of identity belonging, on the phenomena of socialization, exclusion and marginalization of groups, on historical and contemporary mobility and fluidity, on conflicts and the paroxysmal moments of identity fever, as well as on the history of institutions and public policies dealing with issues related to migration phenomena (language policy, immigration museums, etc.).

Proposals for individual papers and panels, in PDF format of no more than two pages (600-700 words in 12-font Times New Roman, double-spaced), in French or English, should be sent to this adress by January 31, 2026 :

adhc.isch2026@gmail.com

Proposals will be evaluated by a scientific committee. Participants will be notified in early March 2026. Registration for the conference will be open from March 1st, 2026. Registration for the conference will open on March 1.

ADHC address: https://adhc.hypotheses.org/ and Revue d’histoire culturelle, XVIIIe-XXIe siècles: https://journals.openedition.org/rhc/

ISCH address: http://www.culthist.net/ and ISCH-Journal: http://www.euppublishing.com/loi/cult

Appel à communication
Congrès international Association pour le développement de l’histoire culturelle / International Society for Cultural History

Paris, 10-12 septembre 2026

En 2026, les associations ADHC et ISCH tiendront ensemble à Paris/Aubervilliers leur congrès annuel. Le thème choisi pour cette rencontre est le suivant : Identités, circulations, migrations – une histoire culturelle.

Partant du constat que toutes les sociétés ont été façonnées par les circulations d’être humains, d’idées et de croyances, de biens et de capitaux, les organisateurs souhaitent construire une rencontre scientifique internationale autour de ce thème central. Ils souhaitent plus particulièrement interroger le rapport entre ces circulations (et notamment celles de toutes celles et de tous ceux qui traversent physiquement les frontières étatiques) et les identités, à toutes les échelles qui méritent d’être considérées : identités des personnes qui se déplacent comme celles des pays d’accueil et d’origine, identités locales, nationales, internationales et transnationales, voire civilisationnelles. Toutes les périodes historiques peuvent faire l’objet d’une proposition, même si le centre de gravité du congrès se situera à l’époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles). Des propositions d’ordre méthodologique et épistémologique plus générales sont également les bienvenues.

Un grand nombre d’ouvrages portant sur le thème de l’identité, que l’expression figure dans leur titre ou non, ont paru ces dernières années. Essais polémiques, études scientifiques, romans, pièces de théâtre, films, plus récemment productions liées au web, se sont emparé d’une notion polysémique et polémique dont il existe plusieurs définitions possibles. Si l’on définit a minima l’identité comme un système de représentations de soi et des autres par lequel est construite une certaine forme de reconnaissance par le groupe et de permanence dans le temps, cette effervescence éditoriale pourrait bien témoigner d’une crise de ce système, à tout le moins d’une remise en cause des modalités classiques de l’identification et des institutions qui en sont les supports. Cette crise touche l’ensemble du monde occidental et sans doute au-delà. Elle peut prendre différents visages selon les pays et les cultures, qui ne donnent pas tous le même sens à la notion d’identité. Salman Rushdie rappelait qu’en Inde, on entend par « identité » plutôt l’identité religieuse, « au cœur de la tentative nationaliste hindoue de réinventer l’idée de l’Inde en termes purement hindous, en excluant les membres de toutes les autres religions ». Aux États-Unis, ce sont les questions d’identité raciale et sexuelle qui dominent le débat. En Europe, on s’inquiète plutôt de la défense des identités nationales, supposément menacées par l’immigration incontrôlée ou par la bureaucratie bruxelloise. Ces inquiétudes sont exploitées par des entrepreneurs de haine de tous bords qui manipulent les fantasmes ou la nostalgie d’une identité close, pure, figée. C’est pourquoi une réflexion posée, scientifique et historique, internationale et transnationale, sur cette question et sur le lien avec les circulations de tous types apparaît opportune et même urgente.

Afin d’aborder les diverses manières de se rassembler autour de caractéristiques perçues comme communes, l’approche historienne privilégiera les argumentations attachées à la construction, le développement, voire la fin de ces systèmes de représentation identitaires. Au-delà de l’analyse des discours et des luttes de représentation, l’attention pourra être portée sur les différentes modalités pratiques d’appartenance identitaire, sur les phénomènes de socialisation, d’exclusion et de marginalisation de groupes, sur les conflits et les moments paroxystiques de fièvre identitaire, ainsi que sur l’histoire des institutions et politiques publiques prenant en charge les questions liées aux phénomènes migratoires (politique linguistique, musées de l’immigration, etc.)

Les propositions de communications, en format pdf de deux pages au maximum (600 à 700 mots en police Times New Roman, caractère 12, double espacement), en français et en anglais, seront à envoyer à cette adresse avant le 31 janvier 2026 :

adhc.isch2026@gmail.com

Elles seront évaluées par un comité scientifique entre cette date et le 1er mars 2026. Les inscriptions pour le congrès seront ouvertes à partir du 1er mars.

adresse ADHC: https://adhc.hypotheses.org/ et Revue d’histoire culturelle, XVIIIe-XXIe siècles: https://journals.openedition.org/rhc/

adresse ISCH : http://www.culthist.net/ et ISCH-Journal: http://www.euppublishing.com/loi/cult

Autre annonce : la soutenance, le 9 février prochain, de la soutenance d’habilitation à diriger les recherches de notre collègue François Robinet, maître de conférence à l’université de Versailles Saint Quentin en Yvelines – et membre éminent de l’ADHC. Titré « Temps de déchirement. Récits, traces et expériences françaises d’une crise africaine », le travail inédit de François porte sur le génocide des Tutsi au Rwanda et sur la relation franco-rwandaise de 1973 à 2012. Cela s’annonce passionnant et désolant. Voici l’avis de soutenance :

Dernière annonce avant de refermer ce billet : la publication de nouveaux épisodes du podcast « Histoires culturelles », qu’anime avec brio Anaïs Fléchet (et auquel je collabore quand je le peux). Cette année encore, les épisodes sont centrés sur les lieux de la culture ; les épisodes 9 et 10 font un retour sur l’histoire du studio Davout, emblématique lieu d’enregistrement parisien, de sa fondation en 1965 à sa fermeture en 2017. Pendant 52 ans, le studio Davout a vu défiler les plus grands artistes français et internationaux. Véritable temple du son, Davout a accompagné les mutations de l’industrie du disque et des styles musicaux, de la chanson française au rap, du rock à la world music.

Malo de La Blanchardière, doctorant en histoire contemporaine, s’entretient avec trois témoins privilégiés du studio Davout pour nous raconter son histoire : Jean-Loup Morette, Olivier Zdrzalik-Kowalski et Jonathan Grimbert-Barré.

> Pour écouter ces podcasts et retrouver les épisodes précédents, rendez-vous sur les plateformes suivantes :

Amazon music: https://music.amazon.fr/podcasts/f1193894-2d34-4697-b906-3a2503566f33/histoires-culturelles

Site officiel : https://podcasters.spotify.com/pod/show/histoiresculturelles

Spotify : https://open.spotify.com/show/0JPFj0LL9bIUyDMtkd7obC

Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/1000092995

Applepodcast : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/histoires-culturelles/id1697167127

Bonne écoute, et, de nouveau, BONNE ANNÉE!

LM

Solstice d’hiver

Bonjour,

je trouve enfin le temps, en ce jour de solstice d’hiver, d’écrire quelques lignes sur ce blog délaissé depuis… septembre dernier! Un trimestre sans écrire un seul billet, un triste record (mais peut-être n’est-ce pas un record? Je suis si irrégulier…). Il y avait pourtant tant de choses à raconter, de colloques, de conférences, de soutenances de thèses à signaler, je les ai laissés passer sans mot dire… Mea culpa. Le temps et l’énergie m’ont manqué. La faute en partie à ce premier semestre si chargé en cours et obligations de toutes sortes. J’essaierai de faire mieux au second semestre de cette année universitaire.

C’est donc avec un brin de retard que je veux saluer deux événements importants, dont je tiens à garder la trace sur ce blog. Le premier, c’est la cérémonie de remise des diplômes des masters, qui s’est déroulée le 28 novembre dernier. Il y avait là rassemblés la plupart des étudiants et étudiantes de l’UFR Arts et Médias de la Sorbonne-Nouvelle auxquels les responsables de formation ont remis le précieux parchemin, symbole d’un parcours réussi au sein de notre établissement. Certains esprits chagrins boudent cette cérémonie, trop « étatsunienne » à leurs yeux, y voyant une sorte de Halloween universitaire… Mais on peut y voir plutôt l’occasion pour ces néo-diplômé.e.s de se retrouver, saluer leurs enseignant.e.s, venir une dernière fois à l’université où ils et elles auront passé, dans l’ensemble, de bons moments… Il n’était qu’à voir la joie des présent.e.s. pour être rassuré sur le bien-fondé de la démarche, qui n’est pas si courante dans les universités françaises. Maintenant, pour ces jeunes diplômés, le plus dur reste à faire : se lancer sur le marché du travail, trouver un poste qui plaise, entamer sa carrière dans un contexte plus que morose pour l’art et la culture. J’espère au moins que la formation qu’ils et elles ont reçue leur servira dans ce parcours du combattant qui commence.

Une partie de la promo 2025 du master Géopolitique de l’art et de la culture

Un autre événement heureux : la soutenance de thèse de l’une de mes doctorantes, Akvilé Kabasinskaité, autrice d’un travail remarquable sur l’image de la Lituanie en France au XXe siècle. La soutenance, qui a eu lieu à la Maison de la Recherche de la Sorbonne-Nouvelle le 1er décembre dernier, s’est très bien passée, grâce à un jury à la fois exigeant et bienveillant, grâce surtout à la qualité de la thèse qui fera date non seulement dans l’historiographie de la Lituanie, mais aussi dans la réflexion internationale sur les guerres d’influence. La lutte entre propagande et contre-récit que se livrent la Russie et les pays européens est, hélas, un sujet très actuel…

Le jury rassemblé autour d’Akvilé (de gauche à droite : Cécile Vaissié, Paul Gradvohl, Laurent Martin, Bruno Nassim Aboudrar, Julien Gueslin)

Je publie ici le rapport que j’ai remis en tant que directeur de la thèse, qui n’est qu’une partie du rapport final. Comme il est d’usage, ce rapport est écrit à la troisième personne du singulier.

Laurent Martin prend la parole, pour dire tout le plaisir et la fierté qui sont les siens de voir arriver à soutenance une étudiante qu’il suit depuis de nombreuses années. Après une licence de médiation culturelle, parcours « Images et audiovisuel », Akvilé avait intégré en 2015 le master Recherche du département de Médiation culturelle de la Sorbonne-Nouvelle, l’ancêtre de l’actuel master de Géopolitique de l’art et de la culture qu’il codirige avec Bruno Nassim Aboudrar. Elle faisait, déjà à cette époque, beaucoup de choses à côté de ses études, ce qui l’avait conduite à soutenir tardivement, en 2019, son mémoire de master, qui portait sur « la méthodologie de construction des films documentaires » et qui avait obtenu une excellente note. Ses activités professionnelles tournaient autour du cinéma documentaire, avec, déjà, un intérêt affirmé pour la mémoire, l’histoire et les archives audiovisuelles de la Lituanie.
Dans la foulée de cette soutenance de juin 2019, Akvilé lui faisait part de son souhait de s’inscrire en doctorat, sur un sujet d’abord très axé sur le cinéma puis infléchi vers une histoire plus générale des représentations françaises sur la Lituanie au XXe siècle. La discipline de Laurent Martin étant l’histoire, il avait recommandé une inscription en histoire ; mais Akvilé choisit une inscription en études européennes et internationales, ce qui convenait aussi. La composition du jury, pluridisciplinaire, témoigne du fait que cette thèse est tout autant une thèse d’histoire que de relations internationales, qu’elle une thèse d’histoire des relations internationales, à la croisée de l’histoire culturelle, de l’histoire des médias et de l’histoire politique. C’est en histoire qu’Akvilé Kabasinskaité était inscrite l’université de Kaunas.
Car il restait à lever un obstacle de taille. Laurent Martin n’était pas (n’est toujours pas) un spécialiste de la Lituanie ou des pays de l’ex-empire soviétique. De là l’idée, qui s’imposa rapidement, de mettre en place une cotutelle avec un collègue lituanien exerçant à l’université de Vytautas Magnus à Kaunas, ce qui fut fait en octobre 2019. Outre la compétence de ce collègue, Akvilé bénéficiait là-bas d’une bourse doctorale de trois années qui lui permit de se consacrer quasiment à plein temps à ce travail. Il était entendu que la thèse serait rédigée en anglais, afin de permettre une lecture croisée par les deux codirecteurs.
Pendant quelque temps, cet arrangement à la fois institutionnel et intellectuel fonctionna à la satisfaction de toutes les parties. Akvilé vivait entre Kaunas et Paris, explorait les archives lituaniennes et les archives françaises, accumulait une importante documentation, écrivait ses premiers articles. Et puis, les relations avec le directeur lituanien se dégradèrent, au point de faire douter Akvilé de sa capacité à continuer cette thèse. Il y eut un moment difficile à traverser, aggravé par les exigences posées par l’université de Kaunas d’une soutenance précipitée, à l’issue des trois années du contrat doctoral, soit en 2023 au plus tard.
Il a été décidé, avec l’accord et le soutien de l’Ecole doctorale, de rompre la cotutelle et de rapatrier intégralement la thèse d’Akvilé à Paris. Elle a surmonté le découragement qui avait ralenti voire stoppé l’avancée de la rédaction, elle s’est remise au travail et a rendu à son directeur, au fil de l’année 2025, plusieurs centaines de pages, avec un manuscrit définitif rendu le 10 septembre. Il était encore possible de prévoir une soutenance avant la fin de l’année civile. Laurent Martin a alors constitué un jury, trouvé une date commune grâce à la bonne volonté de tous et toutes. Il exprime sa reconnaissance envers tous les collègues qui ont accepté de participer à ce jury et de lui trouver une place dans leur emploi du temps surchargé, en particulier les deux collègues qui ont rédigé en un temps record les pré-rapports, M. Gradhvol, Mme Davoliute, qui ont permis que cette soutenance puisse avoir lieu.
En tant que directeur de thèse, il assume les imperfections et peut-être les défauts de cette thèse, tout en créditant son autrice de ses qualités et en lui laissant l’entière responsabilité de ses propos. A tout le moins, il tient à dire qu’il s’agit d’une thèse au sens plein du terme, c’est-à-dire qui défend une position et l’étaye aussi fermement que possible.
Cette thèse, quelle est-elle? D’abord, que la disparition de l’Etat de Lituanie en tant qu’Etat indépendant au lendemain de la Seconde Guerre mondiale n’a pas signifié sa disparition en tant que projet politique ni en tant que réalité culturelle, ce qui explique la rapidité de sa résurgence dès que les conditions géopolitiques l’ont permis, au tournant des années 1990. Ensuite, que les autorités d’occupation soviétiques ont tout mis en oeuvre pour empêcher cette résurgence, qu’elles ont construit un récit justifiant cet escamotage historique et que ce récit a été relayé à l’étranger par toute une série d’acteurs qui y trouvaient intérêt. Enfin, que la France constitue un observatoire particulièrement intéressant pour saisir la façon dont la propagande fonctionne, qu’elle a été un champ de bataille où se sont affrontés récits et contre-récits autour de l’existence même d’une nation lituanienne et de son droit à l’indépendance.
Le plan est logiquement chronologique, articulé autour de temps forts :
1e partie 1945 à 1953 : la Lituanie cesse d’exister comme pays indépendant, elle disparaît des préoccupations des médias et des responsables politiques français, qui ne reconnaissent cependant pas l’annexion soviétique, inaugurant une position ambigue entre sympathie pour la cause lituanienne (et défense du droit international), d’une part, et volonté de ménager une puissance essentielle pour les grands équilibres européens et mondiaux.
2e partie, la plus longue chronologiquement, 1953-1987 : d’un dégel à l’autre, en quelque sorte : de la détente qui a suivi la mort de Staline aux dernières années du glacis soviétique, une période marquée par la tentative de l’URSS de normaliser l’occupation de la Lituanie mais aussi par la structuration d’une résistance externe, en exil (pas seulement en France, bien entendu) à la fois religieuse, culturelle et politique, qui fait exister la Lituanie en dehors de ses frontières, entretenant l’espoir d’une renaissance. La Lituanie existe dans les représentations médiatiques et politiques françaises, mais folklorisée, marginalisée, englobée dans un ensemble plus vaste, « pays de l’Est », pays de la Baltique…
3e partie, la fin des années 1980 et le début des années 1990, quand le pays recouvre son indépendance à la faveur de l’effondrement du système soviétique. La Lituanie retrouve une forme de visibilité, à l’occasion d’abord des manifestations pacifiques réprimées brutalement par l’occupant, puis à travers la reconnaissance apportée au processus d’indépendance par les autorités françaises.
Un épilogue fait le pont entre cette période et celle que nous vivons, marquée par le retour de l’impérialisme russe et les menaces qu’il fait peser sur les frontières orientales de l’Europe, l’Ukraine en premier lieu.
Ce que cette thèse démontre de façon très convaincante par une étude basée sur un ensemble très vaste et composite d’archives et de documents de toute nature et par une écriture très vivante, qui sait construire un récit, a le sens des titres et de la mise en intrigue (la compétence de la réalisatrice de films affleure à plus d’un endroit), ce que, donc, Akvilé montre avec clarté, c’est que la quasi-disparition de la Lituanie de l’actualité, des préoccupations, de l’imaginaire du public français a été le fruit d’une politique délibérée de la part de l’occupant soviétique et de ses relais français pour faire de la question lituanienne une non-question, pour légitimer l’occupation et l’oppression, pour travestir celles-ci sous les dehors avenants d’un progrès social et humain. Qu’il y a moins eu oubli qu’effacement.
Et que cet effacement s’est heurté à la volonté patiente, acharnée, longtemps souterraine, de la diaspora lituanienne (dont l’écho portait jusqu’en Lituanie même) pour maintenir vivante la réalité nationale. La culture a été une arme dont s’est servi l’occupant pour nier l’existence d’une nation lituanienne, à coups d’expositions et de festivals folkloriques, de films, d’émissions de radio et d’articles de presse ; mais elle a aussi été un arme aux mains de la résistance lituanienne à l’étranger qui a créé des journaux, édité des livres, créé des oeuvres pour contredire le récit soviétique, dans un combat très dissymétrique entre un fort et un faible, mais où l’on s’aperçoit que le fort ne l’est pas tant que ça et que le faible peut l’emporter s’il fait montre de courage et de persévérance.
On ne saurait mieux montrer le lien très étroit qui existe entre culture et politique et combien les guerres qui se livraient hier comme celles qui ont lieu aujourd’hui sont des guerres de l’information, des guerres mémorielles, des guerres culturelles pour imposer ou contester un récit, des représentations, une vision de l’ordre international. Ses travaux, qui comblent une lacune historiographique importante sur l’histoire de la Lituanie, rejoignent par ailleurs un courant de recherches actuelles très dynamique, représenté en France par des chercheurs comme David Colon, Christian Lequesne ou Frédéric Charillon – pour ne citer que des auteurs français – qui s’intéressent aux enjeux de censure, de propagande, de diplomatie culturelle et publique, de story telling, de soft power et d’image branding, d’influence, en somme de géopolitique de la culture.
Cet intérêt, elle le manifeste non seulement par ce travail important et imposant qu’elle nous donne aujourd’hui, mais aussi par ses multiples activités d’autrice, de réalisatrice, de commissaire d’exposition, d’enseignante. Elle a déjà publié plusieurs articles et communiqué autour de ses travaux, elle a réalisé le commissariat d’exposition de « Leçons de démocratie : 100 ans de relations lituano-françaises » à l’occasion de la saison de la Lituanie en France, elle préside une société qui développe des films et projets transnationaux liés à l’histoire culturelle tout en assurant la rédaction de la newsletter « Lituanie-France : histoires connectées », elle a co-réalisé trois documentaires, elle a enseigné à l’Inalco avant, prochainement, d’enseigner à la Sorbonne-Nouvelle, etc., elle est devenue elle-même l’un des personnages influents de l’histoire qu’elle raconte, l’une de ces intellectuelles qui éveillent ou réveillent les consciences tout en se faisant experte d’un domaine appelé à prendre une grande importance dans les années à venir : celui de de la guerre des récits.
Laurent Martin formule pour conclure un souhait, celui de voir ce travail important rapidement publié, moyennant les inévitables amendements à la suite des remarques, questions, critiques et conseils formulés par les membres du jury.

C’est, en effet, tout le bien que je souhaite désormais à Akvilé : que son travail soit publié dans une version aussi proche que possible du manuscrit original, afin qu’il puisse être diffusé très largement. Il faudra aussi prévoir des articles et des interventions. Le travail de thèse est achevé, un autre travail commence, pas moins ardu à sa manière : celui de faire connaître ce travail.

Akvilé prêtant le « serment du docteur »

J’ai par ailleurs participé à (et présidé) deux autres jurys de thèse, toutes deux remarquables, l’une, de Noam Alon, sur le Palais de Tokyo (une thèse de muséologie sous la direction de François Mairesse), l’autre, de Florès Giorgini, sur les intellectuels brésiliens face aux décolonisations africaines et asiatiques entre 1945 et 1964 (une thèse d’histoire sous la direction conjointe d’Olivier Compagnon et d’Alexandre de Freitas Barbosa). Des milliers de pages à lire en quelques semaines, en plus des autres tâches, c’est aussi cela, le travail d’un universitaire. Et je n’en m’en plains pas vraiment, quand les travaux sont de qualité comme ce fut le cas cet automne.

J’ai aussi pris beaucoup de plaisir et d’intérêt à écouter les conférences organisées dans le cadre du programme Université Cultures Ouvertes que j’ai pris en charge à la rentrée. Ce fut passionnant et je regrette seulement que ces conférences n’attirent pas un public plus nombreux, en particulier venant de l’extérieur de l’université. Il faudrait être beaucoup plus entreprenant dans la communication de ces rencontres mais, là aussi, le temps me manque pour cela. Au moins ai-je la satisfaction de constater que le public qui se déplace repart content et que nous avons au second semestre un programme tout aussi alléchant qu’au premier :

22/01 Benjamin DEMASSIEUX « Enlever et violer : de la poésie antique tardive à #MeToo »
 
05/02 Emilie VERGER « Être artiste et femme au XXe siècle »
 
19/02 Bruno Nassim ABOUDRAR « Occidentalismes : peindre à l’européenne dans le monde »
 
12/03 Emmanuelle GUERIN « Qui décide du bon usage du français? Ce que norme(s) langagière(s) veut dire »
 
26/03 Catherine TREILHOU-BALAUDÉ « Shakespeare en peinture et en musique »
 
09/04 Xiyin ZHOU « Le problème du Soi : un aperçu à travers l’histoire de la littérature chinoise »

Vivement la rentrée du second semestre! En attendant, je vous souhaite à tous et à toutes de bonnes vacances, de belles fêtes et, d’ores et déjà, une excellente année 2026!

LM

Palestine : la force et la faiblesse d’un symbole

Bonsoir,

ce soir, 22 septembre 2025, la France, par la voix de son président Emmanuel Macron, va reconnaître l’Etat de Palestine à la tribune de l’ONU. Certains, nombreux, diront que cela vient bien tard, après 151 pays (sur 193 membres de l’ONU) qui l’ont déjà fait ; d’autres diront qu’il aurait fallu encore attendre que soient réunies des conditions pour l’heure non remplies, à commencer par la libération de tous les otages encore entre les mains du Hamas. Et d’autres encore penseront qu’il aurait fallu que cette reconnaissance n’arrive jamais car la Palestine n’existe pas en tant qu’Etat et n’existera jamais. La plupart en tout cas s’entendront pour dire que cette reconnaissance est avant tout symbolique, au double sens du terme. Parce qu’elle porte un message, affirme une position de principe ; et parce que cette reconnaissance ne changera rien, à court terme du moins, sur le terrain.

Sur le terrain, c’est toujours la loi du plus fort et celle du talion qui s’appliquent, avec toute la violence dont est capable une armée surpuissante à l’égard de populations civiles. L’estimation du nombre de morts à Gaza est d’environ 64 000 morts, de plus de 160 000 blessés ; 85% des victimes sont des civils. Aux morts par bombardements s’ajoutent désormais les victimes d’une famine organisée par Israël. A Jérusalem et en Cisjordanie, l’apartheid qui sévit depuis des années à l’encontre des Palestiniens est encore monté d’un cran, enfermant des centaines de milliers de personnes dans une prison à ciel ouvert, les livrant presque sans défense à la violence des colons et de l’armée. S’agissant de Gaza, une controverse juridique et politique opposent ceux qui estiment qu’est perpétré un génocide à ceux qui estiment cette qualification inappropriée. Quant à moi, qui ai longtemps été réticent à employer ce terme si connoté, si chargé de sens, surtout à l’encontre d’un peuple qui fut victime du plus grand génocide de l’Histoire, je me sens désormais obligé de l’utiliser, devant l’accumulation des preuves accablantes qui démontrent l’étendue des pertes humaines, des destructions matérielles et l’intention chaque jour plus claire d’en finir avec le peuple palestinien en tant que tel. Les accusations de crime de guerre et de crimes contre l’humanité, plus évidentes à établir, ne sont pas moins graves.

Il est clair que, devant une telle tragédie, le geste accompli par la France ne pèse pas d’un grand poids ; et sans doute y entre-t-il une part de calcul politique et de mauvaise conscience, après avoir si fortement affirmé le soutien à Israël après les massacres du 7 octobre et avoir, par la suite, protesté si timidement devant la surréaction israélienne. Mais il n’en était pas moins moralement nécessaire et, peut-être, politiquement utile, si l’isolement dans lequel s’enferme Israël oblige un jour un autre gouvernement à changer de politique.

Ce jour paraît encore lointain. Il y faudra une action internationale de même nature que celle qui fit plier le gouvernement raciste d’Afrique du Sud, dans les années 1980/1990. Rupture des relations diplomatiques, arrêt de toute livraison d’armes, sanctions économiques, boycott sportif et culturel, poursuites contre ses dirigeants devant les tribunaux internationaux… Il est à craindre, cependant, que les mêmes mesures ne produisent pas les mêmes effets, pour deux raisons : tant qu’Israël pourra compter sur le soutien indéfectible des Etats-Unis, il pourra mépriser les sanctions internationales ; et les Arabes ne représentent qu’une fraction minoritaire sur le territoire contrôlé par l’Etat hébreux, contrairement aux Noirs d’Afrique du Sud. Mais tant que la pression internationale n’augmentera pas significativement sur Israël, ce pays ne verra aucun intérêt à dévier de sa politique d’épuration ethnique. De ce point de vue, la position des gouvernements des pays arabes sera déterminante ; elle paraît, pour l’heure, bien timide. Verbalement offensives à l’égard d’Israël pour contenter leur opinion publique chauffée à blanc, les dictatures du Proche et du Moyen-Orient se gardent cependant de prendre des mesures trop sévères pour ne pas mécontenter le grand protecteur américain.

Non, contrairement à ce qu’affirme le gouvernement israélien, la France et les autres pays qui ont choisi de reconnaître l’Etat de Palestine ne « récompensent » pas les terroristes du Hamas ; la France ne fait que tenir une promesse de justice vieille de quarante ans (voire qui remonte à 1948) et toujours remise à plus tard. Pas plus qu’elle n’alimente ainsi sur son sol l’antisémitisme, qui ne croît qu’à proportion des exactions commises impunément par Israël. Je doute qu’une « solution à deux Etats » soit encore envisageable à l’heure où 500 000 colons israéliens s’installent sur les terres palestiniennes avec la bénédiction de leur gouvernement ; et peut-être d’autres solutions, telle qu’un Etat à deux nations aux droits égaux, relèvent elles aussi d’une douce utopie. Mais la politique du fait accompli pratiquée depuis des décennies par Israël, accélérée avec l’arrivée de Benjamin Netanyahu, surtout depuis le 7-octobre, n’amènera une paix juste et durable ni pour les Palestiniens ni pour les Israéliens – ce sera la paix des cimetières pour les uns, et la violence terroriste sans fin pour les autres. Nous avons besoin d’espoir.

LM

RENTRÉE DES CLASSES

Bonjour,

voici donc venue l’heure de reprendre le chemin de l’université. Regrets pour l’été et les vacances trop vite passés, impatience de retrouver étudiants et collègues pour une nouvelle année d’enseignement et de recherche. Le contexte est toujours aussi angoissant, la guerre à nos portes, la crise politique dans le pays, l’extrême-droite qui se tient en embuscade, le sentiment d’une forme de délitement contre laquelle on se sent impuissant. Gardons-nous cependant de tout pessimisme excessif. D’abord parce que le pire n’est jamais sûr, ensuite parce que, même s’il survenait (à moins d’une catastrophe vraiment majeure contre laquelle tout effort serait vain) nous aurons encore la ressource de nous battre pour faire valoir nos idéaux.

En attendant, plusieurs rendez-vous et manifestations scientifiques rendent cette rentrée bien intéressante. Par ordre chronologique, je mentionnerai d’abord le grand colloque organisé à la Sorbonne-Nouvelle, « La Fabrique de la diplomatie », qui aura lieu sur le site de Nation les 5 et 6 septembre prochains. Grande opération de communication du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, c’est l’occasion de venir écouter des intervenants sur des thèmes qui touchent à l’action extérieure de la France. J’y serai le vendredi 5 pour présenter, avec mon ami François Chaubet, notre livre paru l’an passé sur l’histoire de la diplomatie culturelle française. Voici le programme complet et la plaquette de présentation du MEAE :

Le 15 et 16 septembre, c’est à la Fémis, la grande école du cinéma, qu’aura lieu une autre manifestation intéressante, consacrée à l’histoire de l’IDHEC, l’Institut des Hautes études cinématographiques, créée en 1943 et qui fut intégrée à la Fémis en 1988. Institution majeure du paysage cinématographique français, l’école connut un destin mouvementé que ce colloque explorera durant deux jours. Voici le programme :

Fin septembre aura lieu le congrès de l’Association pour le développement de l’histoire culturelle (ADHC). Comme chaque année, il se tiendra le dernier samedi du mois, soit, cette année, le 27 septembre, sur le Campus Condorcet, (Cours des Humanités 93322
Aubervilliers Cedex – Centre de Colloques, rez-de-chaussée salle 50 – Métro Front Populaire). Nous aurons le plaisir d’entendre le matin une conférence de Marie-Madeleine Mervant-Roux sur les croisements entre histoire du son et histoire du théâtre et l’après-midi une table ronde sur « Histoire populaire, histoire du populaire ». Voici le programme complet :

J’anticipe un peu sur octobre avec, d’une part, les deux journées d’étude qui porteront sur les rapports entre médias, censure et liberté d’expression, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’ONG Reporters sans frontières. La première journée aura lieu (je l’espère, car à l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai toujours pas de confirmation de l’administration…) à l’université de la Sorbonne-Nouvelle, le 13 octobre, de 14h à 18h30 et la seconde le lendemain, de 14h à 18h, à la Contemporaine, la bibliothèque et le centre d’archives attachés à l’université de Nanterre. Voici le programme :

Il sera possible de suivre les communications et les échanges à distance. Une inscription est nécessaire, vous trouverez le formulaire à cette adresse : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeoMlnuW3VxlosfttmsivMTxm2ZI5oYPSopfCY_4OgZl513PA/viewform?usp=header

C’est également en octobre que commencera le cycle de conférences de l’Université des Cultures Ouvertes (UCO), l’université populaire de la Sorbonne-Nouvelle. Ce programme, qui existe depuis plusieurs années, propose des conférences ouvertes à tous, le plus souvent données par des enseignants-chercheurs de l’université, sur les thèmes les plus divers. Façon de montrer que l’université sait s’ouvrir à un public non étudiant et être un lieu d’échanges et de savoir pour l’ensemble de la société! Vous pourrez trouver le programme des conférences du premier semestre à cette adresse : https://www.sorbonne-nouvelle.fr/universite-des-cultures-ouvertes-2025-886409.kjsp?RH=1507209118733

Voilà, c’est tout pour le moment, mais c’est déjà pas mal. Je vous souhaite à toutes et tous une excellente rentrée universitaire et une année pleine de belles découvertes!

LM