Meilleurs voeux pour 2026!

Bonjour à tous et tous, meilleurs voeux pour cette nouvelle année qui commence. Que vous souhaiter? Paix, santé, succès dans tous les domaines… Et au monde? La même chose, mais c’est sans doute trop demander. Comme le chat de Geluck, j’aurais tendance à faire dans la sobriété, cette année. Soyons irréalistes, demandons le possible, pour retourner comme un gant un slogan entendu en 68 (pas par moi, qui naissait à peine).

Ce qui rend modeste, à la longue, voire désabusé, est le constat que l’avalanche des voeux que nous recevons et envoyons en chaque début d’année ne semble pas améliorer substantiellement la situation des mois qui suivent. Ni ne l’aggrave, me direz-vous. A moins que l’on puisse soutenir que ladite situation serait pire si nous ne formulions aucun voeu? Il faudrait essayer, une fois, pour voir. Abstinence totale des voeux de nouvel an. On serait peut-être surpris du résultat.

En attendant, je souhaite à mes étudiants et étudiantes une pleine réussite dans leurs études. Je sais que, pour beaucoup d’entre eux, elles s’effectuent dans des conditions matérielles difficiles. La précarité étudiante, dont on parle beaucoup en ce moment, n’est pas un fantasme. Et pourtant nous sommes dans un pays qui pratique encore une réelle modération dans les droits d’inscription. Mais cela ne suffit pas, il faut bien se nourrir, payer son loyer, acheter quelques livres, son ordi, ses abonnements, etc. Moi qui ai eu la chance d’avoir été financièrement soutenu par mes parents lors de mes études, je tire mon chapeau à celles et ceux qui décrochent leur diplôme tout en ayant dû travailler à côté pour vivre.

Il me tarde de les retrouver après presque un mois de congés, qui ne sont pas tout à fait finis – la rentrée à la Sorbonne-Nouvelle est fixée au 19 janvier. J’aurai moins de cours au second semestre qu’au premier et c’est tant mieux car j’ai couru après la montre sans m’arrêter pendant trois mois. J’espère avoir dans les mois prochains le temps de me remettre à mes projets de recherche et d’écriture, en particulier la réédition de la biographique que j’avais consacrée à Jack Lang et la relance du projet de recherche sur les ONG internationales qui défendent la liberté d’expression dans le monde.

Je porterai aussi deux projets collectifs qui me semblent importants. Le premier (par ordre chronologique) est l’organisation du congrès commun ADHC / ISCH en septembre prochain. Ces deux sociétés savantes qui rassemblent, en France et dans le monde, les historiens et historiennes qui travaillent sur la culture, ont décidé d’unir leurs forces pour ce congrès qui aura lieu du 10 au 12 septembre sur le campus Condorcet à Aubervilliers. J’avais déjà, je crois, donné l’appel à propositions. Je le redonne ici, puisque la date limite pour envoyer une proposition a été décalée au 31 janvier.

Call for papers
International Congress Association for the Development of Cultural History / International Society for Cultural History

Paris, September 10-12, 2026

In 2026, the ADHC and ISCH associations will hold their annual congress together in Paris/Aubervilliers. The theme chosen for this meeting is: Identities, Circulations, Migrations – a Cultural History.

Based on the observation that all societies have been shaped by the movement of human beings, ideas and beliefs, goods and capital, the organizers wish to build an international scientific meeting around this central theme. More specifically, they wish to examine the relationship between these movements (particularly those of all individuals who physically cross state borders) and identities, at all levels that deserve to be considered: identities of the people who move as well as those of the host and home countries, local, national, international and transnational, and even civilizational identities. We welcome proposals about all historical periods, in comparative approaches across regions and times,as well as about the contemporary period (19th-21st centuries). In addition, we welcome methodological and epistemological proposals.

A large number of books on the theme of identity, whether or not the expression appears in their title, have appeared in recent years. Polemic essays, scientific studies, novels, plays, films, and more recently web-related productions, have seized upon a polysemic and polemic notion for which there are several possible definitions. If we define identity as a system of representations of the self and others through which a certain form of recognition by the group and permanence over time is constructed, this editorial effervescence could well be evidence of a crisis, or at the very least of a questioning of the traditional methods of identification and the institutions that support them. This crisis affects the entire Western world and is detectable globally. It can take on different forms depending on the country and culture, which do not all give the same meaning to the concept of identity. Salman Rushdie pointed out that in India, “identity” tends to mean religious identity, “at the heart of the Hindu nationalist attempt to reinvent the idea of India in purely Hindu terms, excluding members of all other religions”. In the United States, it is questions of racial and sexual identity that dominate the debate. In Europe, there is more concern about defending national identities, supposedly threatened by uncontrolled immigration or by Brussels bureaucracy. These concerns are exploited by hate mongers of all stripes who manipulate fantasies or nostalgia for a closed, pure, fixed identity. That is why a scientific and historical, international and transnational reflection on questions of identity and their links with movements and mobilities of all kinds seems expedient and even urgent.

In order to address the various ways of gathering around characteristics perceived as common in certain cultures, groups, and periods, the historical approach will favor arguments attached to the construction, development, or even the end of systems of identity representation. Beyond the analysis of discourses and struggles of representation, attention may be focused on the different practical modalities of identity belonging, on the phenomena of socialization, exclusion and marginalization of groups, on historical and contemporary mobility and fluidity, on conflicts and the paroxysmal moments of identity fever, as well as on the history of institutions and public policies dealing with issues related to migration phenomena (language policy, immigration museums, etc.).

Proposals for individual papers and panels, in PDF format of no more than two pages (600-700 words in 12-font Times New Roman, double-spaced), in French or English, should be sent to this adress by January 31, 2026 :

adhc.isch2026@gmail.com

Proposals will be evaluated by a scientific committee. Participants will be notified in early March 2026. Registration for the conference will be open from March 1st, 2026. Registration for the conference will open on March 1.

ADHC address: https://adhc.hypotheses.org/ and Revue d’histoire culturelle, XVIIIe-XXIe siècles: https://journals.openedition.org/rhc/

ISCH address: http://www.culthist.net/ and ISCH-Journal: http://www.euppublishing.com/loi/cult

Appel à communication
Congrès international Association pour le développement de l’histoire culturelle / International Society for Cultural History

Paris, 10-12 septembre 2026

En 2026, les associations ADHC et ISCH tiendront ensemble à Paris/Aubervilliers leur congrès annuel. Le thème choisi pour cette rencontre est le suivant : Identités, circulations, migrations – une histoire culturelle.

Partant du constat que toutes les sociétés ont été façonnées par les circulations d’être humains, d’idées et de croyances, de biens et de capitaux, les organisateurs souhaitent construire une rencontre scientifique internationale autour de ce thème central. Ils souhaitent plus particulièrement interroger le rapport entre ces circulations (et notamment celles de toutes celles et de tous ceux qui traversent physiquement les frontières étatiques) et les identités, à toutes les échelles qui méritent d’être considérées : identités des personnes qui se déplacent comme celles des pays d’accueil et d’origine, identités locales, nationales, internationales et transnationales, voire civilisationnelles. Toutes les périodes historiques peuvent faire l’objet d’une proposition, même si le centre de gravité du congrès se situera à l’époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles). Des propositions d’ordre méthodologique et épistémologique plus générales sont également les bienvenues.

Un grand nombre d’ouvrages portant sur le thème de l’identité, que l’expression figure dans leur titre ou non, ont paru ces dernières années. Essais polémiques, études scientifiques, romans, pièces de théâtre, films, plus récemment productions liées au web, se sont emparé d’une notion polysémique et polémique dont il existe plusieurs définitions possibles. Si l’on définit a minima l’identité comme un système de représentations de soi et des autres par lequel est construite une certaine forme de reconnaissance par le groupe et de permanence dans le temps, cette effervescence éditoriale pourrait bien témoigner d’une crise de ce système, à tout le moins d’une remise en cause des modalités classiques de l’identification et des institutions qui en sont les supports. Cette crise touche l’ensemble du monde occidental et sans doute au-delà. Elle peut prendre différents visages selon les pays et les cultures, qui ne donnent pas tous le même sens à la notion d’identité. Salman Rushdie rappelait qu’en Inde, on entend par « identité » plutôt l’identité religieuse, « au cœur de la tentative nationaliste hindoue de réinventer l’idée de l’Inde en termes purement hindous, en excluant les membres de toutes les autres religions ». Aux États-Unis, ce sont les questions d’identité raciale et sexuelle qui dominent le débat. En Europe, on s’inquiète plutôt de la défense des identités nationales, supposément menacées par l’immigration incontrôlée ou par la bureaucratie bruxelloise. Ces inquiétudes sont exploitées par des entrepreneurs de haine de tous bords qui manipulent les fantasmes ou la nostalgie d’une identité close, pure, figée. C’est pourquoi une réflexion posée, scientifique et historique, internationale et transnationale, sur cette question et sur le lien avec les circulations de tous types apparaît opportune et même urgente.

Afin d’aborder les diverses manières de se rassembler autour de caractéristiques perçues comme communes, l’approche historienne privilégiera les argumentations attachées à la construction, le développement, voire la fin de ces systèmes de représentation identitaires. Au-delà de l’analyse des discours et des luttes de représentation, l’attention pourra être portée sur les différentes modalités pratiques d’appartenance identitaire, sur les phénomènes de socialisation, d’exclusion et de marginalisation de groupes, sur les conflits et les moments paroxystiques de fièvre identitaire, ainsi que sur l’histoire des institutions et politiques publiques prenant en charge les questions liées aux phénomènes migratoires (politique linguistique, musées de l’immigration, etc.)

Les propositions de communications, en format pdf de deux pages au maximum (600 à 700 mots en police Times New Roman, caractère 12, double espacement), en français et en anglais, seront à envoyer à cette adresse avant le 31 janvier 2026 :

adhc.isch2026@gmail.com

Elles seront évaluées par un comité scientifique entre cette date et le 1er mars 2026. Les inscriptions pour le congrès seront ouvertes à partir du 1er mars.

adresse ADHC: https://adhc.hypotheses.org/ et Revue d’histoire culturelle, XVIIIe-XXIe siècles: https://journals.openedition.org/rhc/

adresse ISCH : http://www.culthist.net/ et ISCH-Journal: http://www.euppublishing.com/loi/cult

Autre annonce : la soutenance, le 9 février prochain, de la soutenance d’habilitation à diriger les recherches de notre collègue François Robinet, maître de conférence à l’université de Versailles Saint Quentin en Yvelines – et membre éminent de l’ADHC. Titré « Temps de déchirement. Récits, traces et expériences françaises d’une crise africaine », le travail inédit de François porte sur le génocide des Tutsi au Rwanda et sur la relation franco-rwandaise de 1973 à 2012. Cela s’annonce passionnant et désolant. Voici l’avis de soutenance :

Dernière annonce avant de refermer ce billet : la publication de nouveaux épisodes du podcast « Histoires culturelles », qu’anime avec brio Anaïs Fléchet (et auquel je collabore quand je le peux). Cette année encore, les épisodes sont centrés sur les lieux de la culture ; les épisodes 9 et 10 font un retour sur l’histoire du studio Davout, emblématique lieu d’enregistrement parisien, de sa fondation en 1965 à sa fermeture en 2017. Pendant 52 ans, le studio Davout a vu défiler les plus grands artistes français et internationaux. Véritable temple du son, Davout a accompagné les mutations de l’industrie du disque et des styles musicaux, de la chanson française au rap, du rock à la world music.

Malo de La Blanchardière, doctorant en histoire contemporaine, s’entretient avec trois témoins privilégiés du studio Davout pour nous raconter son histoire : Jean-Loup Morette, Olivier Zdrzalik-Kowalski et Jonathan Grimbert-Barré.

> Pour écouter ces podcasts et retrouver les épisodes précédents, rendez-vous sur les plateformes suivantes :

Amazon music: https://music.amazon.fr/podcasts/f1193894-2d34-4697-b906-3a2503566f33/histoires-culturelles

Site officiel : https://podcasters.spotify.com/pod/show/histoiresculturelles

Spotify : https://open.spotify.com/show/0JPFj0LL9bIUyDMtkd7obC

Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/1000092995

Applepodcast : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/histoires-culturelles/id1697167127

Bonne écoute, et, de nouveau, BONNE ANNÉE!

LM