Culture Maghreb

Bonjour,

dans le cadre du séminaire d’aide à la diffusion de la recherche que j’anime en 2e année du parcours Géopolitique de l’art et de la culture à l’université de la Sorbonne-Nouvelle, j’avais fait état d’un très intéressant article de la chercheuse Malika Rahal, spécialiste de l’Algérie contemporaine, à propos du blog scientifique qu’elle tient depuis quelques années sous le beau nom de Textures du temps. Elle le présente comme un « incubateur », non seulement pour ses propres recherches mais aussi pour celles d’autres chercheurs et chercheuses qui peuvent lui proposer des articles et ainsi contribuer à la structuration d’un champ de recherche qui peine à exister sur le plan institutionnel.

Ce blog est accueilli sur la plateforme Hypothèses.org et vous pouvez le trouver à l’adresse suivante :

https://texturesdutemps.hypotheses.org/author/texturesdutemps

Quant à l’article, le voici en pdf :

Rahal le carnet de recherche LMS_269_0133 – copie

Travaillant également en partie sur le Maghreb, du point de vue culturel, Mathilde Decuq a réalisé un article de vulgarisation à partir de son mémoire de recherche soutenu il y a quelques mois dans le cadre du master Géopolitique de l’art et de la culture de la Sorbonne-Nouvelle. Ce travail présente plusieurs festivals de cinéma, dont les Journées cinématographiques de Carthage (Tunisie), en montrant leur importance pour le tissu économique et culturel local et national, mais aussi leur rôle de « porte » vers l’international, en dépit de la censure qu’ils doivent affronter à des degrés divers.

Decuq Mathilde -article vulgarisation 2 – copie

Cela me donne l’occasion de saluer le travail effectué par les organisateurs du Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient qui, depuis sa création en 2006 à Saint-Denis (93) ont présenté plus de 800 films tout en organisant un grand nombre d’événements culturels, rencontres littéraires, tables rondes professionnelles, soirées-débat, etc. L’édition 2020 a été fortement bousculée par la crise sanitaire (le festival a lieu entre avril et mai) ; espérons que nous retrouverons ce festival au meilleur de sa forme l’an prochain!

Si Dieu ou le virus le veut.

LM

L’élection de tous les records

Bonjour,

nous connaissons enfin le nom du 46e président des Etats-Unis – et ce n’est pas Donald Trump mais Joseph Robinette (oui, Robinette… son surnom en français est tout trouvé!) Biden Jr., dit Joe Biden.

Il est le mieux élu de tous les présidents américains, avec plus de 74 millions de suffrages en sa faveur mais son adversaire a tout de même obtenu plus de 70 millions de votes, ce qui est aussi un record, le taux de participation ayant atteint un plus haut historique avec 67%.

Ce sera aussi le plus âgé des présidents, 78 ans dans deux semaines.

Et la campagne aura été la plus onéreuse de toute l’histoire américaine : tout confondu (financement des primaires, des présidentielles et des élections au congrès), pas loin de 13 milliards de dollars ont été dépensés pour l’édition 2020. Avec plus de 8 milliards, les démocrates auront dépensé cette année plus de deux fois et demie la somme de l’élection précédente, en 2016, quand Hillary Clinton portait leurs couleurs.

Ce qui signifie au total trois choses :

  • ce pays est profondément divisé et Biden aura fort à faire pour « guérir », selon ses mots, ce grand corps malade. Son premier discours de président élu, prononcé il y a quelques heures, était rassurant sur ce point mais la tâche à accomplir est immense.
  • les mécanismes démocratiques sont profondément pervertis par la nécessité où les candidats se trouvent (en particulier quand ils ne bénéficient pas des moyens de la Maison-Blanche dont Trump a usé et abusé) de récolter des millions de dollars pour simplement exister sur la scène médiatique.
  • On ne peut guère espérer de Biden qu’il soit l’homme des grandes ruptures nécessaires. Certes, il a accumulé beaucoup d’expérience pendant ses presque cinquante de vie politique, mais s’il était un révolutionnaire, comme ses adversaires l’en accusent, ça se saurait depuis longtemps. Par ailleurs, il aura à composer avec un Sénat qui reste majoritairement républicain – autant dire que la paralysie le guette.

Mais au moins, comme il l’a également promis durant son discours de la nuit dernière, peut-on espérer qu’avec Biden revienne au sommet de l’Etat américain un peu de « décence » dans les mots comme dans les attitudes. Trump, durant les quatre années de son catastrophique mandat, a repoussé toutes les limites de l’indécence en politique et cela restera son héritage le plus mortifère, un héritage que d’autres que lui, inspirés par son exemple, feront fructifier, n’en doutons pas. Revenir à la raison, réinstaurer un peu de morale, retrouver la distinction entre le vrai et le faux, voilà ce qu’on attend d’abord de Biden et voilà pourquoi, plutôt qu’une joie sans doute illusoire (telle qu’avait pu en générer la première élection de Barack Obama, voici douze ans) ce que beaucoup ressentent ce matin est le soulagement d’avoir évité le pire.

Une vraie raison de se réjouir et d’espérer? La présence, aux côtés de Biden, de Kamala Harris. Une femme, relativement jeune (56 ans), afro- et indo-américaine, sans doute plus « à gauche » que Biden sur nombre de sujets de société. Elle a quatre ans pour se mettre sur orbite présidentielle. Et nous faire passer du soulagement à la joie.

LM

Souffle

Souffle…

comme celui qu’il nous faut encore retenir avant de connaître le nom du 46e président des Etats-Unis.

comme l’écart qui, sans doute, séparera finalement les deux candidats une fois les résultats définitifs proclamés.

Ce que l’on peut d’ores et déjà constater en cette matinée (en France) du 4 novembre 2020, c’est que le raz-de-marée bleu attendu, ou du moins espéré, par les progressistes américains et du monde entier ne s’est pas produit. Trump fait mieux que se maintenir, remportant un certain nombre d’Etats que l’on croyait susceptibles de basculer côté démocrate, l’Ohio, l’Iowa, la Floride, le Texas…

(carte France Info, 4 novembre, 8h)

Certes, au total Trump ne comptabilise à cette heure « que » 212 grands électeurs quand Biden en a déjà 223 ; mais il en faut 270 pour être élu et la route s’annonce encore longue… Il reste cent millions de bulletins, arrivés par courrier, à dépouiller et les résultats sont très indécis dans quelques Etats-clefs, notamment la Pennylvanie ou le Michigan. Mais enfin, encore une fois, le décalage est manifeste entre les prévisions des sondages, qui donnaient Biden largement gagnant, et la triste et froide réalité. Il nous faut bien admettre, aussi révoltante que soit cette idée pour quelqu’un qui déteste tout ce qu’incarne Donald Trump, ses mensonges éhontés, son cynisme, sa brutalité, son incompétence, son racisme, son sexisme, son nationalisme etc., que près de la moitié des votants étatsuniens adhèrent à son discours, ou à son action, ou à sa personne, voire aux trois à la fois! Même si Biden l’emporte finalement ne se produira ni la révolution sociale ni le relèvement moral dont ce pays malade a besoin. Le trumpisme a, quoi qu’il arrive, encore de beaux jours devant lui.

Souffle… comme celui qui manque à d’autres malades, moins imaginaires ceux-là, je veux parler des malades atteints du covid (de la covid, si vous préférez) dont le nombre ne cesse d’augmenter en France comme partout en Europe. Plusieurs collègues et amis sont atteints, je pense bien à eux/elles et je leur souhaite un bon rétablissement.

Espérons, ici comme là-bas, un nouveau souffle en 2021, nous en avons besoin!

LM